Livres d'occasion

Publié le par Michel Sender

Livres d'occasion

J’ai vu récemment sur le site du Monde [*] un grand titre : Les livres d’occasion tourmentent le marché de l’édition avec une accroche précisant « les plates-formes de revente de livres de seconde main connaissent un succès croissant, dans un secteur pourtant sujet à la déprime ».

Cet article de Nicole Vulser étant réservé aux abonnés du journal, je n’en connais pas plus le contenu ; mais son sujet me fait réagir.

Sans doute l’auteure veut-elle seulement indiquer une tendance économique – tendance que je ne peux, en ce qui me concerne, que malheureusement confirmer – même si je n’en comprends pas (ou trop bien) le « tourment » des éditeurs.

En effet, de toujours, les livres d’occasion ont complété la connaissance de la littérature, permis d’acquérir des ouvrages devenus introuvables et plutôt incité à découvrir des auteurs ou à suivre leur actualité.

Normalement, tout grand lecteur fréquente les librairies spécialisées dans l’occasion ou l’ancien à la recherche d’éventuelles perles rares qu’il est d’ailleurs plus facile dorénavant de trouver sur des adresses de vente en ligne.

Mais, à mon avis, le problème (le « tourment ») n’est pas là !

Il est que, dans une conjoncture de blocage des salaires et des retraites, dans une situation de précarisation d’une grande partie de la population, la vente de livres neufs ne peut que chuter.

Personnellement, depuis plusieurs années et bien entendu depuis mon départ à la retraite, je ne vais plus dans les librairies traditionnelles sauf, de temps en temps, pour acheter des livres peu chers car j’attends presque systématiquement la sortie en poche ou en club des « nouveautés ».

Depuis longtemps, la « rentrée littéraire » ne m’intéresse plus, sinon pour m’informer, car je sais pertinemment que je n’ai pas suffisamment d’argent.

Mais comme, bien sûr, je reste un éternel amoureux des livres, je fréquente dès que possible les brocantes, les vide-greniers, les solderies, les bric-à-brac Emmaüs, les magasins Troc.com ou Easy Cash, etc.

Et je constate que je ne suis pas le seul !

En temps de crise, la « seconde main » (comme le « discount » alimentaire) devient une manière de survie, de débrouille générale.

Récemment une éditrice a même été ministre – chargée de la culture mais pas de l’édition au nom de possibles conflits d’intérêts – et rien n’a changé.

Évidemment, puisque les responsables en sont les Emmanuel Macron et consorts de la politique.

Et les éditeurs, qui sont aussi des patrons, se trouvent ainsi confrontés aux célèbres contradictions du système capitaliste tandis que les citoyens de base se découvrent condamnés (est-ce si grave finalement ?) à une décroissance imposée.

Que faire ? En tout cas, taxer les livres d’occasion ou les bibliothèques (idées qui reviennent parfois) ne servirait à rien, sinon à aggraver la révolte des pauvres.

 

Michel Sender.

 

[*] https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/08/30/les-livres-d-occasion-tourmentent-le-marche-de-l-edition_5504311_3234.html

Publié dans Littérature

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article