"La Voix" d'Arnaldur Indridason

Publié le par Michel Sender

"La Voix" d'Arnaldur Indridason

« Elinborg les attendait à l’hôtel.

Un imposant arbre de Noël trônait dans le hall et partout, il y avait des décorations, des sapins et des boules scintillantes. D’invisibles haut-parleurs entonnaient le Douce nuit, sainte nuit. De grands autobus étaient garés devant l’hôtel et leurs passagers s’attroupaient à la réception. C’étaient des touristes étrangers venus passer les fêtes de Noël et du nouvel an en Islande parce que, dans leur esprit, l’Islande était ce fascinant pays où l’aventure est au coin de la rue. » [*]

 

Je connais très peu Arnaldur Indridason et les enquêtes de l’inspecteur Erlendur, dont je n’ai lu que La Cité des Jarres il y a longtemps. C’est donc avec grand plaisir que j’ai plongé dans La Voix, paru en ce dernier trimestre en « France Loisirs Poche » : « Sale temps pour le Père Noël », nous annonce-t-on en quatrième de couverture !

Le commissaire Erlandur Sveinsson, aidé de sa fidèle assistante Elinborg  et de Sigurdur Oli, enquête sur le meurtre d’un portier d’hôtel qui, en période de fin d’année, jouait le Père Noël pour la clientèle de l’établissement et tout le roman se passe pendant les fêtes de Noël, dans un grand hôtel où Erlendur s’installe à demeure, mais il ne s’agit absolument pas d’une traditionnelle et mièvre « histoire de Noël » – bien au contraire.

Car, en fait, très vite, l’intrigue policière s’engage vers de sombres situations de l’enfance, qui remontent à la surface, comme celles de la victime, ancien chanteur d’un chœur d’enfants et qui a perdu sa voix, ou comme les circonstances d’une autre enquête d’Erlendur et Elinborg concernant des maltraitances sur mineur, ou encore les souvenirs tourmentés d’Erlendur sur cette période de sa vie.

Un Erlendur confronté à la solitude depuis son divorce (pendant quelques jours il noue une relation éphémère avec une biologiste de la police scientifique) et tentant également de surmonter la dépression de sa fille Eva Lind qui a perdu un enfant puis est tombée dans la drogue.

Tous ces éléments nous donnent un ensemble romanesque riche et complexe qui dépasse largement le cadre étroit des recherches de preuves ou de la résolution d’une énigme.

 

Michel Sender.

 

[*] La Voix (Röddin, 2002) d’Arnaldur Indridason, traduit de l’islandais par Éric Boury [Éditions Métailié, 2007], collection « France Loisirs Poche », éditions de Noyelles, Paris, octobre 2019 ; 448 pages.

Publié dans Littérature

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article