"Le Berger de l'Avent" de Gunnar Gunnarsson

Publié le par Michel Sender

"Le Berger de l'Avent" de Gunnar Gunnarsson

«  Le premier dimanche de l’Avent marquait le début des préparatifs pour les fêtes de Noël. Chacun s’y préparait à sa manière, mais celle de Benedikt n’appartenait qu’à lui. Ce jour-là, si le temps le permettait, il se mettait en route. » [*]

 

Sans aucun doute, Le Berger de l’Avent – une nouvelle de l’écrivain islandais Gunnar Gunnarsson (1889-1975) dont, dans une passionnante postface, Jón Kalman Stefánsson nous retrace la genèse (notamment ses différentes publications en allemand, danois, islandais puis aux États-Unis) et le retentissement jusqu’à nos jours dans son pays – mérite notre intérêt.

C’est l’histoire simple d’un berger qui, chaque année, pour la vingt-septième fois et les deux fois vingt-sept ans de son âge, à l’approche de Noël, dès le premier dimanche de l’Avent, part dans la montagne pour rechercher et sauver les moutons égarés : « – l’Avent, l’Avent ! Benedikt prononça le mot avec précaution. C’était un mot paisible, familier et pourtant étrange. Il n’en connaissait pas la signification exacte mais, pour lui, ça voulait dire à la fois l’attente, l’espérance, la préparation. Au fil des années, c’était le mot qui avait guidé son existence. Que serait la vie sur terre si la servitude n’était rendue supportable par l’attente, l’espérance, la préparation pour un ailleurs. »

La grande force de Benedikt, accompagné de son chien Leó et de son bélier Roc, reste son incommensurable bonté, sa frugalité existentielle et son inlassable courage, ainsi qu’une égalité d’humeur et de sentiment devant les tâches à venir et l’adversité.

À cela correspond parfaitement le style behaviouriste de l’auteur, âpre et concret mais également mêlé de références bibliques (Matthieu 18-12 sur la « brebis égarée » ou le « bon berger » de Jean 10-11) d’une foi profonde et ancestrale.

 

Michel Sender.

 

[*] Le Berger de l’Avent (Advent im Hochgebirge, 1936 ; Advent, 1937 ; Aðventa, 1939 ; The Good Shepherd, 1940) de Gunnar Gunnarsson, traduit de l’islandais par Gérard Lemarquis et María S. Gunnarsdóttir [Éditions Arléa, 1993], postface de Jón Kalman Stefánsson traduite par Éric Boury, éditions Zulma (collection de poche), Paris, novembre 2019 ; 96 p., 6,95 €.

Publié dans Littérature

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