"Printemps parfumé" ou l'histoire de Tchoun-Hyang

Publié le par Michel Sender

"Printemps parfumé" ou l'histoire de Tchoun-Hyang

« Autrefois vivait dans la province de Tjyenlato, dans la ville de Nam-Hyong, un mandarin nommé I-Teung qui avait un fils, I-Toreng, âgé de seize ans. I-Toreng était parmi les plus habiles lettrés de son pays et il grandissait tous les jours dans l’étude. » [*]

 

Sous le titre Printemps parfumé (traduction littérale du prénom de l’héroïne féminine) fut publiée en 1892 en France une version anonyme d’une légende coréenne ancienne racontant l’histoire de Tchoun-Hyang [**], jeune fille du peuple qui tombe amoureuse de I-Toreng, le fils d’un haut fonctionnaire de la ville.

Pour pouvoir la rencontrer en secret, I-Toreng se déguise en femme et tous deux se font le serment de se marier et de ne jamais se quitter : « Ils entrèrent dans la chambre de Tchoun-Hyang. I-Toreng enleva les vêtements de la jeune fille, tandis qu’elle faisait de même pour lui, puis ils se mirent au lit et passèrent la nuit à s’aimer, comme les couples d’oies sur les étangs », nous dit le texte.

Leur bonheur ne dure hélas que quelques jours, car I-Toreng doit partir pour suivre son père dans ses nouvelles fonctions à Séoul et y terminer ses études.

Restée seule, Tchoun-Hyang refuse la proposition de mariage du nouveau mandarin de Nam-Hyong et se retrouve emprisonnée sous la menace d’une exécution.

Mais c’est sans compter sur I-Toreng qui, devenu Émissaire royal, n’a pas oublié Tchoun-Hyang. Habillé cette fois en mendiant, il revient sur place, fait arrêter le mandarin et libérer Tchoun-Hyang pour l’épouser officiellement en grande pompe : « Ils furent heureux et elle lui donna trois garçons et deux filles », nous précise la chronique.

C’est ainsi que nous découvrons que les contes coréens ressemblent aux contes de chez nous…

 

Michel Sender.

 

[*] Printemps parfumé (Roman coréen), traduction de J.-H. Rosny [et Hong-Tjyong-Ou], illustrations de Marold et Mittis, collection « La Bibliothèque secrète de Régine Deforges » (présentée par Franck Spengler), TohuBohu éditions, Paris, novembre 2018 ; 128 p., 18 €.

[**] Tchoun-Hyang est aussi orthographiée Chunhyang (voir par exemple Le Chant de la fidèle Chunhyang chez Zulma).

"Printemps parfumé" ou l'histoire de Tchoun-Hyang

Printemps Parfumé parut en 1892 à Paris chez Dentu. D’après l’Atelier des Cahiers et jhrosny.overblog.com, il fut traduit par Hong-Tjyong-Ou (également orthographié Hong Jong-u) et retravaillé plus précisément par J.-H. Rosny Jeune.

Publié dans Littérature

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