"Treasure Island" by Robert Louis Stevenson

Publié le par Michel Sender

"Treasure Island" by Robert Louis Stevenson

« Squire Trelawney, Dr. Livesey, and the rest of these gentlemen having asked me to write down the whole particulars about Treasure Island, from the beginning to the end, keeping nothing back but the bearings of the island, and that only because there is still treasure not yet lifted, I take up my pen in the year of grace 17—, and go back to the time when my father kept the "Admiral Benbow" inn, and the brown old seaman, with the sabre cut, first took up his lodging under our roof.

I remember him as if it were yesterday, as he came plodding to the inn door, his sea-chest following behind him in a hand-barrow ; a tall, strong, heavy, nut-brown man ; his tarry pigtail falling over the shoulders of his soiled blue coat ; his hands ragged and scarred, with black, broken nails ; and the sabre cut across one cheek, a dirty, livid white. I remember him looking round the cove and whistling to himself as he did so, and then breaking out in that old sea-song that he sang so often afterwards :—

"Fifteen men on The Dead Man's Chest—

Yo-ho-ho, and a bottle of rum !"

in the high, old tottering voice that seemed to have been tuned and broken at the capstan bars. » [*]

 

Écrit en 1881, publié en feuilletons dans l’hebdomadaire Young Folks l’année suivante puis en volume chez Cassel and Co à Londres en 1883, Treasure Island (jusqu’alors n’étaient parus de lui que An Inland Voyage, Travels with a Donkey in the Cévennes plus quelques nouvelles) est littéralement le premier roman de Robert Louis Stevenson, écrivain d’origine écossaise (1850-1894).

On sait par son témoignage et ceux de sa famille que tout commença par le dessin d’une carte avec son beau-fils Lloyd Osborne (Stevenson venait enfin d’épouser Fanny Van de Grift Osborne, son grand amour rencontrée en France et qu’il avait rejointe en Californie) puis fut suivi de veillées et de discussions collectives en Écosse ou à Davos.

La grande idée me semble d’abord d’avoir choisi Jim Hawkins comme narrateur, ce qui donne une fraîcheur (que n’ont pas les quelques chapitres attribués au docteur) initiale au récit et permet d’en exploiter la jeunesse et l’immaturité, facteurs de mystère et d’inconnu.

Stevenson choisit ensuite le XVIIIe siècle comme cadre historique et la marine et les voyages pour moyens de transport intellectuel, très vite dans des lieux clos (le navire Hispaniola, une île, un fortin, le coracle) mais dans un but de recherche, de découverte…

Autour de l’adolescent en formation, il y a des figures adultes paternelles (le squire Trelawney, le docteur Livesey, le capitaine Smollett) et surtout bien sûr les innombrables marins (en fait des pirates) dont le cuisinier unijambiste Long John Silver, Billy Bones à l’origine de tout, Chien Noir (Black Dog), le terrifiant aveugle Pew qui apporte la « tache noire » (the black spot) ou encore Ben Gunn, « the man of the island ».

Et puis nous prend le duel entre Jim, courageux et téméraire jeune garçon, et Long John Silver (le cuisinier du bord, The Sea Cook, premier titre du livre), surnommé Barbecue, « gentilhomme de fortune » (gentleman of fortune) s’appuyant sur une béquille, un perroquet (Captain Flint) sur l’épaule répétant sans arrêt : « Pièces de huit ! Pièces de huit ! » (“Pieces of eight ! pieces of eight !”) — un vrai méchant qui se révèle un stratège accompli et une personnalité plus complexe que prévu, une figure désormais inscrite à jamais dans l’imaginaire romanesque…

Treasure Island devient ainsi l’archétype du roman d’aventures, dans un périple existentiel de quête du Graal et d’apprentissage : un indéniable chef-d’œuvre pour tous les âges.

 

Michel Sender.

 

[*] Treasure Island (1883) by Robert Louis Stevenson, New edition with original illustrations by Will Paget, « Ljus English Library », A/B Ljus Förlag, Stockholm, 1945 ; 404 pages. (Not to be introduced into the British Empire or the U. S. A.)

Publié dans Littérature

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