"Paysage" de Jens Peter Jacobsen

Publié le par Michel Sender

Portrait de J. P. Jacobsen par Ernst Josephson (1879)

Portrait de J. P. Jacobsen par Ernst Josephson (1879)

Une vaste lande aux pierres moussues,

Un peu d’eau qui miroite au loin,

Une traînée pourpre au couchant,

Une seule étoile qui palpite.

 

Et le vent du soir aux étranges rumeurs,

Tel le soupir d’esprits en langueur

Qui tendrement chérirait une âme

Pour les maux et les douleurs de la terre.

 

Avec l’éveil du soleil, plus de mille espérances

Se sont élancées sur leurs ailes téméraires ;

Qui sait si le soupir du vent

Ne ramène pas les meurtris et les vaincus ?

 

Qui sait s’ils ne s’assemblent point ici

Tels les oiseaux migrateurs en automne,

Pour éprouver la vigueur de leurs ailes,

Ou bien sont-elles à jamais brisées ?

 

Et beaucoup se sentent depuis longtemps décliner

Vers les flots assourdis de la mort ;

Les autres s’envolent, un groupe après l’autre,

Pour chercher guérison dans le rêve des hommes.

 

JENS PETER JACOBSEN

 

« Paysage » (Landskab, 1875) de Jens Peter Jacobsen (1847-1885), poème traduit par Frédéric Durand à la fin de son introduction à sa traduction de : J. P. Jacobsen, Les Nouvelles, collection bilingue, éditions Aubier-Montaigne, Paris, 4e trimestre 1965.

"Paysage" de Jens Peter Jacobsen

Publié dans Littérature

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article