"Les Amies" de Paul Verlaine

Publié le par Michel Sender

"Les Amies" de Paul Verlaine

ÉTÉ

 

Et l’enfant répondit, pâmée

Sous la fourmillante caresse

De sa pantelante maîtresse :

« Je me meurs, ô ma bien-aimée !

 

Je me meurs ; ta gorge enflammée

Et lourde me soûle et m’oppresse ;

Ta forte chair d’où sort l’ivresse

Est étrangement parfumée.

 

Elle a, ta chair, le charme sombre

Des maturités estivales,

Elle en a l’ambre, elle en a l’ombre.

 

Ta voix tonne dans les rafales,

Et ta chevelure sanglante

Luit brusquement dans la nuit lente. »

 

PAUL VERLAINE

 

Les Amies  (1867) dans : Paul  Verlaine, Fêtes galantes, La Bonne Chanson, précédées des Amies, édition critique établie, annotée et présentée par Olivier Bivort, Le Livre de Poche Classiques, Librairie Générale Française, Paris, 2000 ; 192 pages, 3,60 € (impression d’avril 2013).

"Les Amies" de Paul Verlaine

Été est le cinquième sonnet du recueil Les Amies, qui en contient six, de Paul Verlaine.

Je n’avais jamais fait attention à ces poèmes qui, dans l’édition des Œuvres poétiques complètes de Paul Verlaine par Yves-Gérard Le Dantec que je possède (« La Pléiade », Gallimard, 1938), figurent au sein de Parallèlement.

Mais, en fait, ils datent de 1867 et parurent à Bruxelles chez Poulet-Malassis (le premier éditeur des Fleurs du Mal de Charles Baudelaire) dans une plaquette clandestine signée du pseudonyme « le licencié Pablo de Herlagnez » et datée « Ségovie 1868 » (disponible sur le site Gallica de la BNF).

Ainsi — et je l’ai compris grâce à l’édition des Fêtes galantes et de La Bonne Chanson d’Olivier Bivort au Livre de Poche où elles ouvrent le recueil —, Les Amies, après Poèmes saturniens (1866) et avant Fêtes galantes (1869) et La Bonne Chanson (1870), est le deuxième livre de Paul Verlaine et mérite d’être replacé dans l’ordre chronologique de ses œuvres.

D’ailleurs, Verlaine ne renia pas ces textes saphiques (Poulet-Malassis continuait également d’éditer à Bruxelles Les Épaves, les poèmes interdits de la première édition des Fleurs du Mal) qu’il republia dans La Revue indépendante d’octobre 1884 puis dans Parallèlement en 1889.

 

Michel Sender.

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