Les "Histoires" d'Hérodote

Publié le par Michel Sender

Les "Histoires" d'Hérodote

« En présentant au public ses recherches, Hérodote d'Halicarnasse veut préserver de l'oubli ce qu’ont fait les hommes, célébrer les grandes et merveilleuses actions des Grecs et des Barbares, et, en particulier, développer les motifs qui les portèrent à se faire la guerre.

I. Les Perses les plus savants dans l'histoire de leur pays attribuent aux Phéniciens la cause de cette inimitié. Ils disent que ceux-ci, étant venus des bords de la mer Erythrée, sur les côtes de notre mer de Grèce, entreprirent des voyages sur mer au long cours, aussitôt après s'être établis dans le pays qu'ils habitent encore aujourd'hui, et qu'ils transportèrent des marchandises d'Egypte et d'Assyrie en diverses contrées, entre autres à Argos. Cette ville surpassait alors toutes celles du pays connu actuellement sous le nom de Grèce. Ils ajoutent que les Phéniciens y étant abordés se mirent à vendre leurs marchandises ; que cinq ou six jours après leur arrivée, la vente étant presque finie, un grand nombre de femmes se rendirent sur le rivage, et parmi elles la fille du roi Inachos, nommée Io, comme le disent aussi les Grecs. Tandis que ces femmes, rangées près de la poupe, choisissaient et achetaient quelques marchandises, les Phéniciens s'animant les uns les autres se jetèrent sur elles. La plupart prirent la fuite ; mais Io fut enlevée, et d'autres femmes avec elle. Les Phéniciens, les ayant fait embarquer, mirent à la voile, et firent route vers l'Egypte. » [*]

 

HÉRODOTE

 

[*] Histoires d’Hérodote, traduit du grec par Pierre-Henri Larcher, introduction, choix de textes et notes de François Hartog [Librairie François Maspero, 1980], collection « La Découverte », éditions La Découverte, Paris, mai 1985 ; 272 pages (deuxième tirage).

Dans ce volume de poche, la traduction « historique » de Pierre-Henri Larcher (titrée d’ailleurs Histoire), datant de 1786, a été « modernisée et, dans quelques cas, corrigée » par François Hartog. Par ailleurs, il s’agit seulement d’une sélection des quatre premiers livres qui, « eux, donnent la première place aux Barbares, aux non-Grecs », choix délibéré…

Il faut dire que la première édition de Larcher (disponible sur BnF Gallica), en sept volumes comprenant une multitude d’annotations, a été fort bien mise à jour et synthétisée par Louis-Aimé Martin (deux volumes, chez Charpentier, en 1850 : disponible sur Gallica) mais très mal « revue et corrigée » par Émile Pessonneaux (toujours chez Charpentier, en 1889, également sur Gallica).

Entre les deux, il y eut la traduction de Pierre Giguet, chez Hachette en 1860 (disponible sur Internet Archive), assez empesée, beaucoup reprise, notamment en deux volumes chez Jean de Bonnot en 1975.

Sous le titre L’Enquête (choix fait également par Andrée Barguet pour La Pléiade), je connais encore la traduction (très lourde) effectuée par Henri Berguin pour les « Classiques Garnier » en 1932.

Mais — allez savoir pourquoi ? — j’en reviens toujours au petit livre de poche de « La Découverte ».

M. S.

Publié dans Littérature

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