"Robin Hood le Proscrit" d'Alexandre Dumas

Publié le par Michel Sender

"Robin Hood le Proscrit" d'Alexandre Dumas

« Aux premières heures d’une belle matinée du mois d’août, Robin Hood, le cœur en joie et la chanson aux lèvres, se promenait solitairement dans un étroit sentier de la forêt de Sherwood.

Tout à coup, une voix forte et dont les intonations capricieuses témoignaient d’une grande ignorance des règles musicales, se mit à répéter l’amoureuse ballade chantée par Robin Hood.

— Par Notre-Dame ! murmura le jeune homme, en prêtant une oreille attentive au chant de l’inconnu, voilà un fait qui me paraît étrange. Les paroles que je viens d’entendre chanter sont de ma composition, datent de mon enfance, et je ne les ai apprises à personne.

Tout en faisant cette réflexion, Robin se glissait derrière le tronc d’un arbre, afin d’y attendre le passage du voyageur. » [*]

 

Au commencement de Robin Hood le Proscrit (la seconde partie de la traduction du Robin Hood and Little John de Pierce Egan : voir ce blog le 5 juillet 2022), Robin Hood et ses merry men (ses « joyeux drilles », ses « gentils hommes »), après la destruction par les Normands du château de Gamwell, sont installés au cœur de la forêt de Sherwood dans un abri souterrain.

Robin a épousé Marianne, Allan Clare Christabel et Will Écarlate Maude, rejoints toujours par Petit-Jean et Frère Tuck, et à qui sont agrégés Much le meunier et bien d’autres, poursuivis ou maltraités par les autorités.

Robin et ses compagnons, les « joyeux hommes », en conflit permanent avec le shérif de Nottingham, le baron Fitz Alwine, sont devenus des outlaws, des proscrits, des hors-la-loi qui rançonnent toutes les riches personnes qui traversent les forêts de Sherwood ou de Barnsdale.

Ils ont établi le principe d’être toujours courtois avec leurs victimes, de bien les recevoir, de leur offrir à manger à profusion — avant de leur présenter la note, très salée et vigoureusement imposée.

Si les individus ainsi dépouillés sans vergogne acceptent leur sort, ils sont sûrs de survivre et d’en réchapper. En revanche, s’ils refusent et se battent, c’est leur mort assurée.

Par ailleurs, Robin Hood et ses hommes respectent et protègent tous ceux qui n’ont pas d’argent, en les accueillant avec bienveillance. Robin va même jusqu’à prêter une somme importance à un châtelain, Richard de la Plaine, injustement escroqué par les responsables d’une abbaye voisine.

C’est ainsi que s’instaure la légende d’un bandit au grand cœur, d’un redresseur de torts impétueux et généreux, d’un défenseur des humbles contre les diverses hiérarchies injustes, en même temps qu’un habile archer et un meneur rusé, prompt à se déguiser et à rouler les méchants.

L’intervention heureuse d’un Richard Cœur de Lion leur fera espérer à tous de pouvoir rentrer dans le rang, attente demeurée vaine et les empêchant de sortir de leur condition…

Pierce Egan — à la suite de l’Ivanhoé de Walter Scott où Robin Hood camouflé en Robert de Locksley aidait le roi Richard — a repris le folklore et les hauts faits du personnage, mais sa façon de conter les événements reste malheureusement extrêmement plate et sans relief.

D’en avoir attribué l’écriture à Alexandre Dumas ne rajoute absolument rien à sa gloire, bien au contraire, même si — à travers les travaux confiés à Victor Perceval, sa très chère Marie de Fernand — il continuait à activer ses propres centres d’intérêt, de bravoure et d’excellence.

 

Michel Sender.

 

[*] Robin des Bois (Robin Hood le Proscrit) [1873] d’Alexandre Dumas, La Guilde des Jeunes [La Guilde du Livre], Lausanne, mai 1958 ; 264 pages (relié cartonné).

En souvenir d’Island, dit « Bébé Nice » (2013-2022)

En souvenir d’Island, dit « Bébé Nice » (2013-2022)

Publié dans Littérature

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article