1939 et le compte à rebours de la guerre par Richard Overy

Publié le par Michel Sender




« Chaque décennie, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, a été l’occasion de s’interroger sur les circonstances qui ont conduit à une guerre d’une ampleur et aux effets destructeurs si exceptionnels qu’ils ont même éclipsé les sacrifices et les pertes de la Grande Guerre. On a été tenté de prêter de très grandes causes à un conflit aussi gigantesque, et sans doute l’ordre mondial de l’après-guerre souffrait-il de faiblesses systémiques, ou le système capitaliste et la géographie nationale de l’Europe ont-ils nourri ce conflit futur. Un profond sentiment d’échec planait aussi au-dessus d’un continent aux prises avec une réalité crue : la région qui se targuait d’être au cœur de la civilisation moderne pouvait apparemment sombrer dans les abîmes d’une nouvelle barbarie. »

À l’occasion du soixante-dixième anniversaire du déclenchement de la seconde guerre mondiale, les ouvrages ne vont sans doute pas manquer.

Pour ma part, j’ai choisi pour l’instant un court essai, paru simultanément dans le monde anglo-saxon et en France, de l’historien britannique Richard Overy, intitulé en français 1939 – Demain la guerre [*] aux éditions du Seuil.

En cent trente pages et quelques chapitres, Richard Overy, après avoir brièvement résumé le contexte général, retrace, à partir du 24 août jusqu’au 3 septembre 1939, les derniers jours qui, inexorablement, conduisirent à la guerre.

Tout se joue (les États-Unis sont absents ; l’URSS a été neutralisée par le pacte germano-soviétique) entre le gouvernement polonais et l’Allemagne nazie, la France et l’Angleterre, et un peu l’Italie.

Pour son récit, très documenté, Richard Overy mêle les documents d’archives des diverses ambassades européennes et les Mémoires des diplomates et hommes politiques de l’époque (entre autres, Ribbentrop, Goebbels, Chamberlain, Bonnet, Boyer de Sainte-Suzanne, Speer ou Ciano), les comptes rendus de réunions, les déclarations, les discours, les réactions de presse, etc.

Car, durant ces quelques jours, les responsables politiques dorment peu, les conciliabules divers et les audiences se multiplient ; les gouvernements hésitent ou espèrent éviter la guerre – tandis que Hitler a déjà décidé d’attaquer la Pologne mais croit que le conflit restera local…

Et finalement, pour respecter leurs engagements envers la Pologne, la Grande-Bretagne et la France déclarent la guerre à l’Allemagne, mais les Polonais ne voient venir aucune aide concrète !

Un livre dense, précis, bien écrit – et qui ouvre le débat sur cette guerre inéluctable et qui deviendra mondiale.

Michel Sender.

[*] 1939 – Demain la guerre [1939 : Countdown to War, Allen Lane, Penguin Group, Londres, août 2009] de Richard Overy, traduit de l’anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat, éditions du Seuil, Paris, août 2009 ; 156 pages, 16 €.

Publié dans Littérature

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tipanda 13/10/2009 09:58


... sans oublier que la guerre est encore un des meilleurs moyens de relance pour sortir d'une crise économique.
De quoi passer de l'histoire à l'actualité.