La dernière année de la vie de Léon Tolstoï

Publié le par Michel Sender

 

 

La dernière année de la vie de Léon Tolstoï (1828-1910) fascine et intrigue tous ses admirateurs. En effet, en 1910, Léon Tolstoï est devenue une icône vivante, un maître à penser, un gourou de la méditation et de la non-violence.

Grand propriétaire terrien, il aspire à la pauvreté et rejette l’absolutisme tsariste. Des disciples se sont regroupés (les tolstoïens) ; ils vivent en communauté et diffusent sa pensée (le tolstoïsme), une notion que Tolstoï lui-même réprouve mais qu’il accepte tout de même, tellement son milieu familial lui est hostile.

Il a rencontré Vladimir Tchertkov qui veut diffuser largement ses œuvres, le pousse à renoncer à ses droits d’auteur et envoie auprès de lui des secrétaires qui compilent ses écrits en des publications pédagogiques et militantes. Cet entourage et l’évolution de son mari révulsent littéralement son épouse, Sophia Andreïevna, qui s’oppose journellement à lui et va provoquer son départ de Iasnaïa Poliana jusqu’à la petite gare d’Astapovo où, gravement malade et accueilli dans la maison du chef de gare, il meurt en novembre 1910.

Ce sont ces événements que Jay Parini, écrivain et universitaire américain, raconte dans Une année dans la vie de Tolstoï [*], un roman réédité ses derniers mois aux éditions des Deux Terres et qui nous replonge magistralement dans cette atmosphère de fin de vie et de malaise existentiel.

Pour cela, Jay Parini s’est largement inspiré des journaux et témoignages de l’époque et, dans un roman à plusieurs voix (Sophia Andreïevna, l’épouse de Tolstoï ; Valentin Boulgakov, le dernier secrétaire de Tolstoï ; le Dr Makovitski, son médecin ; Sacha, sa fille Alexandra qui tape ses textes à la machine ; et Vladimir Tchertkov, « le » disciple), recompose cette dernière année de la vie de Léon Tolstoï.

Ce remarquable découpage scénaristique, cette dramaturgie en mouvement avec ses six personnages complexes (il faut bien sûr compter les interventions de Léon Nikolaïevitch lui-même), ont inspiré le cinéaste américain Michael Hoffman dont le film, The Last Station, produit avec l’aide d’Andrei Konchalovsky, avec notamment Christopher Plummer dans le rôle de Léon Tolstoï et Helen Mirren dans celui de Sophia Andreïevna, est annoncé pour bientôt (sans doute 2010, année du centenaire oblige).

Michel Sender.

[*] Une année dans la vie de Tolstoï (The Last Station, Henry Holt, New York, 1990) de Jay Parini, traduit de l’anglais (États-Unis) par François-René Daillie (première publication : éditions Albin Michel, Paris, 1993), éditions des Deux Terres, Paris, février 2009 ; 464 pages, 20 €. www.les-deux-terres.com

 

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tipanda 28/07/2009 12:20

Aïe ! Décidément, s'il nous faut, un jour, un motif de querelle, nous aurons ... la littérature russe. L'écrivain Tolstoï me semble une sorte d'archétype de cette écriture ennuyeuse, des auteurs qui ont besoin de cinquante pages pour dire ce que les autres auraient liquidé en cinquante lignes. Et, pour aggraver son cas, il est difficile de partager son panslavisme enrobé de bondieuserie qu'on retrouvera chez le très surfait Soltjen...
C'était mon petit quart d'heure d'acrimonie.
Tendresse et bel été.

Michel Sender 29/07/2009 05:59



Chère Tipanda, Enfance, Anna Karenine ou Guerre et Paix ne correspondent pas du tout à cela... La fin de vie de Tolstoï (La Sonate à Kreutzer) est plus
controversée mais, par exemple, Résurrection est un très grand roman. Tolstoï, comme Balzac, comme Hugo, est un géant ! Riche et complexe. Bien amicalement, Michel Sender.