Lire Charles Perrault dans le texte

Publié le par Michel Sender




« Il était une fois un homme qui avait de belles maisons à la Ville et à la Campagne, de la vaisselle d’or et d’argent, des meubles en broderie, et des carrosses tout dorés ; mais par malheur cet homme avait la Barbe bleue : cela le rendait si laid et si terrible, qu’il n’était ni femme ni fille qui ne s’enfuit de devant lui. »


C’est à cause d’une mauvaise édition du Chat Botté que ma fille et moi nous sommes trouvés à lire ensemble Barbe Bleue [*] de Charles Perrault dans un très bel album, illustré magnifiquement par Jean-Louis Thouard, des éditions Gründ.


Je continue en effet avec ma fille (six ans) l’exploration de toutes sortes de livres et, bien sûr, des grands Contes de la littérature, dont ceux de Charles Perrault. Mais comme je ne dispose que d’éditions de poche ou de celle par exemple des Classiques Garnier de ses Contes, je recherche petit à petit séparément des versions illustrées des plus connus.


Avec Le Chat Botté, je suis très mal tombé : une adaptation nullissime en tous points (aux éditions Cerf volant, pires que les éditions Hemma, ce qui n’est pas peu dire !). Pour vous donner une idée, il est écrit dans le texte que le chat botté est un chat noir (sic) et on nous montre un chat gris et blanc ! Bref. Malgré tout, ma fille riait aux effronteries du chat, quand le soi-disant marquis de Carabas sort tout nu de la rivière, quand les paysans sont menacés d’être transformés en chair à pâté, etc.


Mais c’est moi qui ne brillait pas de lui lire un texte si mauvais alors que l’original est tellement mieux !


Alors j’ai couru dès que possible dans la librairie la plus proche et, faute de Chat Botté, j’ai déniché Barbe Bleue, qu’elle ne connaissait pas – et dans un établissement du texte (il y a certes le problème de la modernisation de l’orthographe depuis la publication des Contes de ma mère l’Oye en 1697) « correct », respectant même la publication des Moralités de la fin (ce qui n’est pas si fréquent)…


Et, bien sûr, la lecture du conte original, tel quel, avec en plus les extraordinaires tableaux « gothiques » de Jean-Louis Thouard [**], passe très bien !


Je ne développe pas plus sur l’histoire de Barbe Bleue, que vous connaissez, ni sur les méfaits de la curiosité chez les femmes… À la fin, ma fille m’a dit : « C’est horrible, je ne veux plus jamais le lire ! »


Et, le lendemain : « On le relit, Barbe Bleue ? »


Michel Sender.


[*] Barbe Bleue de Charles Perrault, illustrations de Jean-Louis Thouard, éditions Gründ, Paris, septembre 2002 ; 48 pages, 9 € (album relié-cartonné format 32,50 x 23,50 ; imprimerie Hérissey).
www.grund.fr (À consulter leur site, vous constaterez malheureusement, comme moi, que les éditions Gründ ont bien changé !)


[**] Sur Jean-Louis Thouard, pour vous donner une idée, voir
www.lebaron-rouge.com

Publié dans Littérature

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Delphine 22/08/2009 20:19

coucou Michel! oh ce compte, me rappel des souvenirs d'enfance, sa me renvoi quelques années en arrière...douce et agréable soirée..;Gros bisous

tipanda 22/08/2009 10:23

Et moi qui croyais qu'on ne lisait plus Barbe Bleue aux petites filles ! Quand elles sont réellement petites, il est vrai, elles prennent le conte au premier degré, elles n'y voient pas d'allusions salaces. Attendons ... Les petites finissent toutes par grandir.

margareth 22/08/2009 08:44

La langue de Perrault est admirable et les auteurs contemporains d'ouvrages pour enfants feraient bien d'y chercher un maître.