Robert Laxalt, écrivain basque du Nouveau Monde

Publié le par Michel Sender

 

 

C’est grâce au catalogue du Grand Livre du Mois que j’ai découvert la traduction d’un livre paru il y a plus de cinquante ans aux États-Unis et republié aujourd’hui chez un petit éditeur du Sud-Ouest.


Il s’agit de Mon père était berger – Un Basque dans l’Ouest américain [*] de Robert Laxalt (1923-2001), écrivain qui vivait à Reno dans le Nevada et qui, en 1957, raconta l’histoire de son père, Dominique Laxalt, originaire du Pays basque, ayant immigré aux États-Unis et revenant, à la fin de sa vie, quelques jours dans son pays d’origine.


L’itinéraire de Dominique Laxalt reste celui de nombreux émigrés basques qui s’installèrent au Nouveau Monde et reprirent leur métier de berger, notamment dans les montagnes du Nevada, étendues sauvages et désertiques propices à l’élevage des moutons ou des bovins (les querelles avec les vachers, au début, furent fréquentes).


La vie qu’il y décrit (car, paradoxalement, c’est pendant son retour au pays qu’il parle) est rude, sauvage et dangereuse, dans une atmosphère de Far West, où il faut faire sa loi avec des carabines, savoir s’imposer fermement…


Et, par toutes ces épreuves et des revers importants dus aux retournements de conjoncture économique, c’est son intégration qu’a gagnée Dominique Laxalt. Il est revenu au pays sur les instances de sa femme et de ses enfants mais il sait qu’il est devenu Américain !


Alors, en fait, c’est son fils Robert, qui l’a accompagné pendant ce voyage et qui en raconte le détail, qui va redevenir Basque…


Robert Laxalt, universitaire, fonda au Nevada un Centre d’études basques ; il consacra une grande partie de sa vie à faire connaître cette culture aux États-Unis et écrivit de nombreux livres [**] sur le sujet.


Le voyage avec son père, retour sur les origines mais aussi témoignage intelligent et sensible sur l’immigration basque en Amérique, avait servi de déclencheur.


Michel Sender.


[*] Mon père était berger – Un Basque dans l’Ouest américain (Sweet Promised Land, Harper & Row, New York, 1957) de Robert Laxalt, traduit par Xavier Guesnu et Bertrand Mouchez, éditions Aubéron, Anglet, juin 2009 ; 224 pages, 18 €.
www.auberon.fr


[**] Xavier Guesnu a traduit, aux éditions Autrement, deux autres livres de Robert Laxalt : Portrait basque (In a Hundred Graves : a Basque Portrait, 1972) en 2001 et Basque Hotel, Nevada (The Basque Hotel, 1989) en 2002.

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