La Revue internationale des livres et des idées (Rili)

Publié le par Michel Sender

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Dans ma série « Vous avez de la chance : j’y suis abonné ! » (voir précédemment sur ce blog ContreTemps et Le Matricule des Anges) figure en bonne place La Revue internationale des livres et des idées (très vite abrégée en Rili) dont chaque numéro me transporte et qui, en ce mois de septembre 2009, commence sa troisième année de publication [*].

Le choc de ce mois restera pour moi la découverte (pourtant deux de ses livres, Working – Histoires orales du travail aux États-Unis et « La Bonne Guerre » – Histoires orales de la seconde guerre mondiale, sont déjà parus aux éditions Amsterdam tandis qu’un troisième, Hard Times – Histoires orales de la Grande Dépression, vient tout juste de sortir) de Louis « Studs » Terkel (1912-2008), journaliste et homme de radio (en France, on penserait par exemple à Daniel Mermet sur France Inter ou aux remarquables Sur les docks de France Culture) américain dont ce dernier numéro et le site de la Rili donnent des extraits d’entretiens.

Et ce numéro 13 de la Rili nous offre un extraordinaire échange (Être Noir dans un monde de Blancs, traduit par Charlotte Nordmann) de Studs Terkel en 1961 avec James Baldwin (1924-1987), l’auteur de La Prochaine Fois, le feu, ici après la parution de Personne ne sait mon nom : « Vous allez voir des films blancs et, comme tout le monde, vous tombez amoureux de Joan Crawford, et vous applaudissez les gentils qui abattent les Indiens. Et il se produit comme une terrible collision psychologique lorsque vous commencez à vous rendre compte que toutes ces choses sont en fait des métaphores de votre propre oppression », explique par exemple cet écrivain américain qui vécut ensuite longtemps en France.

Dans un autre grand volet, « De la critique du travail à l’écologie politique », Anselm Jappe évoque une étude de Moishe Postone et les Essais de la théorie de la valeur de Marx d’Isaac I. Roubine tandis que Charlotte Nordmann analyse le dernier livre d’André Gorz, Ecologica.

Mais la Rili parle aussi encore histoire littéraire et sociale avec Daniel Bensaïd qui, dans La traversée des décombres, présente le Walter Benjamin de Bruno Tackels ; philosophie avec Le « moment » Bergson-Bachelard de David Macey à propos d’ouvrages de Frédéric Worms ; poésie avec Browning, poète nécromant de Laurent Folliot sur la dernière édition française de L’Anneau et le livre, poème monumental de Robert Browning…

Je mentionnerai également le long article de Jean-Luc Racine, L’Inde et la fracture démocratique (Tagore, Gandhi, Nehru et les nationalistes hindous) ou Bourdieu, reviens : ils sont devenus fous ! La gauche et les luttes minoritaires de Jérôme Vidal.

Enfin, dernière force de la Rili, ses illustrations iconographiques qui apportent toujours un contrepoint exceptionnel aux textes de la revue. Ce mois-ci, il s’agit de photographies venues du Justice & Police Museum de Sydney en Australie, des documents bruts, images en noir et blanc, à couper le souffle par leur véracité crue…

En résumé, vous l’avez compris, un numéro et une revue de très grande qualité !

Michel Sender.

[*] La Revue internationale des livres et des idées (Rili), numéro 13, septembre-octobre 2009, 31, rue Paul-Fort, 75014 Paris ; 60 pages, 5,50 € (en kiosques). www.revuedeslivres.net

 

 

 

Je ne résiste pas (je ne l’ai pas encore lu) au plaisir de vous montrer la couverture de Hard Times – Histoires orales de la Grande Dépression de Studs Terkel aux éditions Amsterdam, avec des photographies de Dorothea Lange. www.editionsamsterdam.fr

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dasola 05/10/2009 18:47


Rebonjour, je n'avais du tout entendu parler de ce livre. La photo de couverture est magnifique. Quel talent, elle avait Dorothea Lange! Ce portrait est saisissant. Bonne soirée.


Michel Sender 06/10/2009 05:24


C'est aussi une photo de Dorothea Lange qui illustre aussi, par exemple, la nouvelle édition de "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" (un chef-d'oeuvre !) de Harper Lee, y compris au Livre de
Poche... Bien amicalement, Michel Sender.