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« Lorsque Lucien Leuwen entre à Nancy avec son régiment, il tombe de cheval, rue de la Pompe, devant des persiennes vert perroquet dont l’une est entrouverte. En se relevant au milieu d’un éclat de rire général, il aperçoit derrière un rideau de croisée une jeune femme blonde, aux cheveux magnifiques et à l’air dédaigneux, que sa mésaventure amuse franchement. »
Ainsi débute, faisant référence à Stendhal, le très beau livre de Jacques Tournier, paru en 1998 chez Calmann-Lévy dans la collection littéraire dirigée par Martine Saada (*), Des persiennes vert perroquet.
Pour Jacques Tournier, le rappel de ces persiennes lui permet de tracer dix magnifiques portraits de femmes et, en ce qui me concerne, pour répondre à Tipanda après l’interruption de ce blog, cela m’évoque les livres lus dont je n’ai plus forcément le souvenir ou dont l’influx qui m’aurait permis d’en parler a disparu ou a été remplacé par d’autres aujourd’hui eux-mêmes contrebalancés par de nouvelles lectures.
En ce moment, je lis surtout des livres achetés d’occasion dans des brocantes ou des « Trocs de l’Isle » ou empruntés dans des bibliothèques. J’ai découvert ainsi, après ses biographies de Stefan Zweig ou de Clara Malraux, Les Yeux noirs (Les vies extraordinaires des sœurs Heredia) de Dominique Bona, un livre paru en 1989 chez Jean-Claude Lattès mais dont j’ai trouvé une édition (avec, d’ailleurs, quelques belles coquilles) de 1994 du défunt Cercle Maxi-Livres.
J’avais beaucoup aimé le Marie de Régnier de Robert Fleury réédité en 2008 dans la collection « Texto » des éditions Tallandier mais j’ai replongé avec plaisir (et aussi un peu d’effroi) dans ce monde des « écrivains de l’avant-siècle » chers à Hubert Juin : Pierre Louÿs et Jean de Tinan, Henri de Régnier, Maurice Maindron et René Doumic, la Revue des Deux-Mondes et André Chaumeix, etc., et dans ce destin extraordinaire des trois filles du poète. (C’est peut-être la raison pour laquelle je lis en ce moment le François Mauriac de Jean Lacouture.)
Autre particularité. Entamant la lecture de La Liste de Schindler (traduit par François Dupuis chez Robert Laffont, Paris, 1984) de Thomas Keneally dont je ne connaissais que l’adaptation cinématographique de Steven Spielberg, je tombe page 14 (de la réimpression de février 1994) sur le passage suivant : « Un sergent SS, portant gants blancs, se tenait au seuil de la porte. Il salua Herr Schindler et le remit entre les mains d’Ivan, l’ordonnance urkrainienne, qui prit le pardessus et le hambourg du visiteur. » (Page 162, il est question d’«ingénieurs SS, en pardessus et hambourg ».)
J’apprécie beaucoup le livre de Thomas Keneally que je trouve passionnant et beaucoup plus explicite et moins larmoyant que le film de Spielberg, mais mes interrogations sur l’acception (moi qui adore parler avec ma fille des hambourgeois ou des kartoffeln/potatoes des MacDo) du mot « hambourg » (un chapeau à plumes de Hambourg ?) bloque soudainement ma lecture !
Alors je ne sais plus quoi dire. – À bientôt !
Michel Sender.
(*) Martine Saada a ensuite dirigé une collection chez Grasset puis, pendant trois ans, le pôle littérature et documents des éditions du Seuil, dont elle vient de démissionner (voir le « Téléphone rouge » des pages littéraires du Nouvel Observateur du 23 juin 2011).
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La ville, le port, oui, je devine ; mais un objet appelé hambourg ...
Que ceux qui savent nous sortent de l'ignorance !
Bon dimanche aux deux et quatre pattes.
Cette seule définition du HAMBOURG par Littré ne nous avance guère...
Mais persiste, Michel, ta curiosité stimule la nôtre et vogue vers le 300ème article !
Chère Françoise, merci de ton message.
Je sais, par divers recoupements, que "hambourg" est une variété de poule (gallinacée), une sorte de raisin ("hotgrape") et même, d'après Google-Livres et Victor Hugo, une marque de cigare au XIXe siècle !
Il faudrait chercher dans les dictionnaires allemands ou anglais (anglo-saxons, quoi).
Bien amicalement,
Michel Sender.
Ceci dit, nous ne sommes pas plus avancés. Que faire de ces barils et de ces poissons ? Par ce temps, ils sont franchement incommodants.
Chère Tipanda,
merci beaucoup de tes messages.
Bien amicalement,
Michel.