"Je lis, j'écris", manuel moderne

Publié le par Michel Sender

 

 

« Gris, gris, gris, il est gris le gros chat

Gros, gros, gros, il est gros le gras chat

Gras, gras, gras, il est gras le chat gris. »

(Comptine)

Je le dis et le redis : je ne suis pas enseignant – mais un curieux permanent !

C’est pourquoi, trouvé dans un coin de la Maison de la Presse la plus proche de chez moi, j’ai sauté sur ce livre très grand format, relié sous une couverture cartonné souple, et qui, sous le titre simple de Je lis, j’écris [*] mais doté d’un sous-titre beaucoup plus hard et révulsif, Un apprentissage culturel et moderne de la lecture – CP, se veut en fait un « Manuel moderne » de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture.

Je ne prononcerai pas sur le fond pédagogique (les auteurs affirment « une démarche : démocratique, novatrice et active »sic, ni plus, ni moins ! –, « Une démarche sûre pour un apprenti lecteur actif et autonome » – beau slogan !– dont vous trouverez les détails sur leur site mentionné ci-dessous) mais je le testerai – peut-être ? – sur ma fille…

J’écris « peut-être ? » car la pauvre est déjà l’objet-cobaye des instances éducatives qui se penchent doctement, savamment, instamment, lourdement, délibérément, systématiquement, notamment, inopinément, immanquablement, précocement, orthophoniquement, psychologiquement, désespérément… sur son « cas » !

Mais cet ouvrage affiche cependant notablement sur sa couverture à la fois la colombe de Picasso, un lièvre de Dürer, la Joconde, une abeille et une photo de la Terre, et nous propose des lectures agrémentées de nombreuses illustrations culturelles ou référentielles – ce qui n’est pas si mal !

Il s’agit aussi indéniablement d’un livre ludique (très belle double page par exemple d’un groupe d’enfants traversant la rue à partir d’une photo de Robert Doisneau : Les tabliers de la rue de Rivoli), très bien maquetté, agréable à lire (je ne me lasse pas des « Parti à la mare Paco court sur le pourtour et rit tout le tour », « Un malin lapin câlin pousse le poussin sur le chemin » ou « Ah dis donc dindon dodu comme tu te dandines ! ») et qui n’a pas oublié Ceci n’est pas une pomme de Magritte ou le Rimbaud d’Ernest Pignon-Ernest !

De plus, les auteurs proposent très intelligemment des pages sur les signes de ponctuation ou diacritiques, les écritures étrangères (en alphabets grec, cyrillique, arabe ou hébraïque, idéogrammes chinois, etc.)…

Si la querelle (les éditeurs sont soutenus par La Dispute) de l’apprentissage de la lecture vous intéresse, voilà de quoi alimenter votre humeur !

En tout cas, après nos dubitatives remarques préliminaires, avouons-le et reconnaissons-le au final(e) : une belle initiative, tout de même !

Michel Sender.

[*] Je lis, j’écris (Un apprentissage culturel et moderne de la lecture – CP) de Janine Reichstadt, Jean-Pierre Terrail et Geneviève Krick, graphisme de Gérard Paris-Clavel et David Poullard, Les Lettres bleues/Le Manuel moderne, Paris, octobre 2009 ; 128 p., 13 € (diffusion-distribution : CDE/Sodis). www.leslettresbleues.fr

 

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tipanda 01/11/2009 10:04


De quoi faire un bel accès de nostalgie en se rappelant Marcel Pagnol. Il avait appris à lire, sans que personne ne s'en rende compte, au long des séjours involontaires qu'il faisait, petit, dans
la classe de son père instituteur, lorsque sa mère le déposait en garde dans la classe pour vaquer à ses activités. C'est ainsi que la lecture s'acquiert par imprégnation quand les enfants vivent
au milieu des lecteurs.