"L'Ecuyer mirobolant" de Jérôme Garcin

Publié le par Michel Sender

Ecuyer mirobolant (L') de Jérôme Garcin

Le tout dernier livre de Jérôme Garcin, L’Écuyer mirobolant [*], qui vient de paraître chez Gallimard, ravira tous les amateurs d’équitation et de littérature équestre.


En effet, avec ce roman, Jérôme Garcin (admirateur sans aucun doute du Milady de Paul Morand ou d’En avant, calme et droit de François Nourissier), poursuit ses réflexions de La Chute de cheval, Perspectives cavalières, Bartabas, roman (L’Écuyer mirobolant lui est dédié) ou Cavalier seul en rendant hommage à Étienne Beudant (1863-1949), cavalier hors norme et atypique dont les ouvrages [**] restent étudiés et vénérés par de nombreux spécialistes.


Baptisé « roman » du fait d’une écriture romanesque et d’une conclusion imaginaire, L’Écuyer mirobolant (l’expression est reprise d’une citation du général Decarpentry) peut être lu comme une biographie d’Étienne Beudant très proche de la réalité et faire comprendre de l’intérieur à un large public la personnalité originale de cet homme de cheval qui marqua profondément les esprits.


Militaire, Étienne Beudant le fut, très jeune, par nécessité, ce qui lui permit notamment de voir, par la petite porte, le travail des chevaux à Saumur puis, après un séjour au Montana où il aurait croisé le cirque de Buffalo Bill et Calamity Jane, de revenir sous les drapeaux mais, cette fois-ci, de l’autre côté de la Méditerranée, en Algérie et au Maroc.


Simple capitaine (il y connut tout de même Lyautey), il y développa surtout, en montant des barbes arabes et des chevaux du cru, sa propre méthode – inspirée de François Baucher et de Faverot de Kerbrech – de dressage en liberté et devint une référence et un conseiller, un « maître », pour de nombreux cavaliers.


« Il ne dompte pas le cheval ; il fait de la leçon
un exercice salutaire, un feu instructif qui n’amène jamais la fatigue, et il fait remarquer que les fautes proviennent le plus souvent du cavalier qui s’attaque aux effets au lieu de détruire leurs causes », écrivait de lui le vétérinaire Théodore Monod en préface à Extérieur et haute école paru en 1923 chez Charles Amat à Paris.


Devenu impotent suite à de nombreuses chutes et installé en France dans la région de Dax, Étienne Beudant précisa alors par écrit ses conseils et ses conceptions dans des traités comme, après Extérieur et haute école, Dressage du cheval de selle (1929), Souvenirs équestres (1934) et Main sans jambes (1945).


Sa dernière jument, Vallerine, qu’il avait confiée à un manège parisien, disparut sur les routes de l’exode en 1940…


Avec L’Écuyer mirobolant, Jérôme Garcin s’adresse ainsi à tous ceux que fascine l’art équestre et qui en connaissent à la fois les difficultés et la majesté !


Michel Sender.


[*] L’Écuyer mirobolant de Jérôme Garcin, éditions Gallimard, Paris, février 2010 ; 192 pages, 15,90 €.

 

 Beudant Extérieur et haute écoleBeudant Vallerine

 

[**] D’Étienne Beudant, sont actuellement disponibles : Extérieur et haute école réédité en 2008 chez Actes Sud, dans la collection « Arts équestres », enrichi d’une version inédite (1948) revue par l’auteur, et Vallerine, le testament d’un écuyer, texte inédit sur sa dernière jument avant de la confier à un autre cavalier (collection « Caracole », éditions Favre, Lausanne, 2006).


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tipanda 16/02/2010 11:22


C'est évidemment une des petites malignités qui font tout mon charme (il vaut mieux le dire comme cela). Plus sérieusement, ce qui m'éloigne du cheval (à part son odeur dont nous avons déjà parlé)
c'est un caractère qu'il a en commun avec le chien, celui d'obéir, de travailler, sacrifice qu'il est pratiquement impossible de demander au chat. Ceci dit, l'humanité doit beaucoup au cheval. Il a
toujours obéi pour le meilleur et le pire ; il a servi à tout. Les grands empires lui doivent même leur existence, ainsi que la conquête de l'Amérique.
Amitiés


Michel Sender 17/02/2010 12:10



Je comprends. J'adore les chats mais je suis de plus en plus sceptique sur la "servilité" des chiens. Nous avons des chiens qui sont extrêmement attachés à nous mais pas du tout obéissants ! En
fait, ça doit venir des maîtres ! Et pour le cheval, c'est un peu pareil : on obtient très mal par la contrainte, il faut ruser et contourner, et, surtout, avoir beaucoup d'attention et de
patience. Et alors le cheval "travaille" avec plaisir, pour le plaisir ! C'est cela qui passionne tant les vrais cavaliers... Bien amicalement, Michel Sender.



tipanda 15/02/2010 10:33


Bon, on te croit sur parole, c'est fort intéressant ... quand on aime les chevaux.
Amitiés.


Michel Sender 16/02/2010 05:53



Chère Tipanda, ma présentation n'apprendra pas grand-chose aux "spécialistes". Mais Jérôme Garcin écrit très bien et est un "vrai" cavalier. Je suis très content quand les belles lettres et
l'équitation se rencontrent (il y a d'ailleurs toute une tradition en ce sens). J'essaye d'en rendre compte et d'ouvrir l'esprit... Bien amicalement, Michel Sender. (Quant à ta provocation
habituelle sur "quand on aime les chevaux", tu devines toi-même combien elle est facile. Il suffit d'approcher les chevaux et de les voir travailler pour les aimer. C'est toute une philosophie de
vie !)