L'insouciance de Jacques Henri Lartigue

Publié le par Michel Sender

Lartigue

Je ne suis pas un spécialiste de la photographie (vaste domaine) mais, de temps en temps – surtout quand il y a un lien avec la littérature – je ne déteste pas me plonger dans des albums ou des monographies.


Or, c’est un livre de petit format, paru récemment dans la collection « Découvertes » des éditions Gallimard qui m’a permis de mieux comprendre l’œuvre de Jacques Henri Lartigue (1894-1986).


En effet, dans Jacques Henri Lartigue – Une vie sans ombre [*], Martine d’Astier (de la Vigerie), directrice de la Donation Jacques Henri Lartigue, explique avec beaucoup de simplicité le parcours de ce photographe atypique qui, très jeune, petit à petit, a exploré les multiples possibilités de cet art.


Fils d’un riche industriel (même s’il y eut des retours de fortune), élevé dans une liberté inhabituelle lui permettant de développer très tôt tous ses goûts artistiques, Jacques Henri Lartigue ne fut jamais salarié et put vivre en dilettante la plus grande partie de son existence.

 

 lartigue car trip

 

Quand on évoque Jacques Henri Lartigue, on pense sport et vitesse (L’Homme pressé de Paul Morand), les villégiatures proustiennes, les femmes et les costumes Belle Époque, une période fantasque d’insouciance, de luxe et d’oisiveté, etc.


Mais, ce que je ne savais pas, c’est, qu’en fait, Jacques Henri Lartigue a composé, dès son enfance, des albums personnels et privés, illustrés de ses photographies, où il tenait en quelque sorte un journal permanent des événements familiaux, de ses plaisirs et de ses envies, de ses sensations et de son sens esthétique, faisant des essais de différentes techniques au départ pour lui-même, sans théorie.

 

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Jacques Henri Lartigue se voulait avant tout peintre ou décorateur et ce n’est que très tard, presque par hasard, dans les années soixante, que ses photographies ont commencé à être montrées aux États-Unis et à rencontrer un très fort succès.


Nulle préoccupation sociale ou politique chez lui, mais un témoignage spontané, naturel, avec une incroyable justesse et une immense qualité d’interprétation, d’une réalité vivante et particulière, qui fait rêver…

 

 lartigue 4 b

 

« Aussi bien futile que profond et sage », nous dit Martine d’Astier, il faut voir avant tout Jacques Henri Lartigue comme un poète de la photographie et de la lumière – dont les clichés restent la trace incomparable d’un siècle révolu qui continue de nous passionner !


Michel Sender.


[*] Jacques Henri Lartigue – Une vie sans ombre de Martine d’Astier, collection « Découvertes », éditions Gallimard, Paris, octobre 2009 ; 144 pages [14,50 €]. www.decouvertes-gallimard.fr


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