La poésie d'André Pieyre de Mandiargues

Publié le par Michel Sender

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POUVOIR POÉTIQUE

 

Parviendrais-tu à retirer

Ta mort de ton futur flou

Pour l’inscrire avec éclat

Au plus bas fond de ton passé

Alors tu ne mourrais plus

Poète et ton clair présent

Persisterait dans le temps même

Où le temps désintégré

Se fera le grand miroir

De la fin de l’éternel.

(24 novembre 1971)

André Pieyre de Mandiargues

[Extrait de L’Ivre Œil, Gallimard, 1979]

2009 a été l’année du centenaire de la naissance d’André Pieyre de Mandiargues, disparu en 1991. Cela nous a valu notamment l’an passé chez Gallimard un volume de la collection « Quarto » de ses Récits érotiques et fantastiques, chez Sabine Wespieser le témoignage de Jacqueline Demornex Le Pire, c’est la neige, et, chez Tallandier, « Écris-moi tes hauts faits et tes crimes… » Correspondance 1962-1991 avec Nelly Kaplan.

En ce début d’année 2010 viennent de paraître dans la collection « Poésie/Gallimard » deux forts volumes [*] qui regroupent le plus gros de son œuvre poétique mais qui n’ont pas le même statut.

En effet seul Écriture ineffable, qui va de Ruisseau des solitudes (son « Cinquième cahier de poésie ») à Gris de perle (« Dernier cahier de poésie ») plus des Poèmes inédits, est annoté et présenté par Claude Leroy.

L’Âge de craie (ses quatre premiers « cahiers de poésie ») ne bénéficie que de la chronologie et de la bibliographie actualisée présentes dans Écriture ineffable. L’explication en est peut-être que ces recueils d’André Pieyre de Mandiargues ont déjà été publiés dans la collection « Poésie/Gallimard » et ne sont qu’une reprise. On ne peut que regretter cette différence de traitement qui déstabilise l’ensemble.

Car le travail éditorial réalisé par Claude Leroy (on connaît aussi par exemple ses éditions de Blaise Cendrars) sur la dernière partie de l’œuvre poétique d’André Pieyre de Mandiargues est remarquable, donne des éclairages intelligents et intelligibles et permet de s’y retrouver dans le dédale des parutions à tirage limité réservées aux bibliophiles ou des préoriginales dans des revues.

Sa préface (« Les dessous de la craie ») permet également de resituer la poésie d’André Pieyre de Mandiargues (pour lui en permanence « une tentative de cristallisation verbale ») comme une ponctuation continue en symbiose avec son œuvre romanesque ou critique et en aiguise l’intérêt sans jamais en réduire la portée.

Saluons donc avant tout l’importance de pouvoir disposer de la presque totalité des poèmes d’André Pieyre de Mandiargues en collection de poche !

Michel Sender.

[*] D’André Pieyre de Mandiargues : Écriture ineffable précédé de Ruisseau des solitudes, de L’Ivre Œil et suivi de Gris de perle et de poèmes inédits, édition établie par Claude Leroy, collection « Poésie/Gallimard » n° 454, éditions Gallimard, Paris, janvier 2010 (432 pages) ; L’Âge de craie, suivi de Dans les années sordides, Astyanax et Le Point où j’en suis, collection « Poésie/Gallimard » n° 455, éditions Gallimard, Paris, janvier 2010 (448 pages). Chaque volume : catégorie 6 [9,90 €].

Publié dans Littérature

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tipanda 08/02/2010 22:59


Je ne connaissais pas le poète. Tant pis pour moi. Encore un chantier à mener. Quand je pense qu'il y a des gens qui s'ennuient...