La vilaine sorcière Baba-Yaga

Publié le par Michel Sender

Baba-Yaga

« Il était une fois une fillette qui s’appelait Anoushka. Elle vivait seule avec son père, qui avait perdu sa femme. Après quelques années, le père d’Anoushka se remaria. Mais la marâtre était malintentionnée : elle maltraitait l’enfant et souhaitait secrètement s’en débarrasser. »

Dans ma série des contes populaires ayant eu beaucoup de succès auprès de ma fille (hier soir, elle en a exigé une seconde lecture !), voici une adaptation récente du conte russe La Baba-Yaga [*], parue chez Nathan, d’après Afanassiev.

Et en effet cette belle-mère a de bien mauvaises intentions : dès que son mari s’absente, ne voilà-t-il pas qu’elle veut envoyer l’enfant chez sa sœur, « la Baba-Yaga, une terrible sorcière mangeuse d’enfants » !

Mais Anoushka est une petite fille futée qui va suivre les conseils de sa tante, la sœur de sa vraie mère, qui lui explique :

« – Ma nièce, là-bas, quand le chat s’approchera de toi pour t’arracher les yeux, donne-lui un morceau de lard. Là-bas, quand le portail grincera pour donner l’alerte, verse quelques gouttes d’huile sur ses gonds. Là-bas, quand les chiens voudront te dévorer, jette leur un morceau de pain. Là-bas, quand le bouleau tentera de te fouetter les yeux, attache ses branches avec un ruban. »

« Anoushka embrassa sa tante, puis elle glissa du lard, du pain, de l’huile et un ruban dans ses poches, nous dit-on alors. Et, le cœur battant, elle se mit en route pour la demeure de la Baba-Yaga »

Je ne vous raconte pas la suite (que vous connaissez d’ailleurs peut-être) car il s’agit d’un suspense insoutenable mais finalement vainqueur où Anoushka aura respecté toutes les recommandations de sa tante et démasqué sa méchante belle-mère auprès de son père !

Et puis, il s’agit, comme le rappelle dans une courte postface Gaëlle Ame, d’un « conte-type » (tale type) de La fuite devant la sorcière (Flight from the Witch, numéro 313 H de la classification Aarne-Thompson des contes populaires) ou devant un ogre ou le diable, etc., en tout cas une succession haletante d’obstacles dépassés victorieusement…

Et ça marche toujours !

Michel Sender.

[*] La Baba-Yaga, conte russe illustré par Caroline Dall’Ava, postface de Gaëlle Ame, collection « Les petits cailloux du monde », éditions Nathan, Paris, mai 2010 ; 32 pages, 5 € (album relié-cartonné). www.nathan.fr

Sur l’illustratrice Caroline Dall’Ava, voir son blog http://riendanslarmoire.over-blog.net

 

Publié dans Littérature

Commenter cet article

tipanda 10/06/2010 10:08


C'est amusant, jusqu'à présent, le terme "baba-yaga" (sans garantie d'orthographe) me faisait penser à un mouvement féministe permettant à des femmes âgées de s'établir en communauté féminine au
lieu d'aller en maison de retraite. Le rapprochement laisse songeuse !


Michel Sender 10/06/2010 10:20



Non, non, chère Tipanda, c'est à creuser ! La Baba-Yaga n'est pas forcément une vilaine et méchante sorcière, j'ai simplifié pour ce conte-ci. Elle peut parfois se comporter comme une fée
bienfaitrice ! Toutes les femmes sont des sorcières, c'est bien connu et revendiqué par elles - mais pas forcément méchantes... Bien amicalement, Michel Sender.