Le livre "empêché" de Daniel Salvatore Schiffer

Publié le par Michel Sender

Daniel Salvatore Schiffer


Je connais Daniel Salvatore Schiffer comme auteur de l’Oscar Wilde de la collection « Folio Biographies » des éditions Gallimard. Un livre que j’ai aimé et dont j’ai parlé sur ce blog le 27 juin 2009 (« La double vie d’Oscar Wilde ») puis, après un commentaire le concernant, le 1er août 2009 (« Quelque chose de Teleny… ».

Daniel Salvatore Schiffer devait publier ces jours-ci aux éditions Mille et une nuits (une filiale des éditions Fayard) un nouveau livre intitulé Critique de la déraison pure – D’une certaine philosophie française et de ses errances idéologiques.

Cette parution était programmée pour le 3 février 2010 et elle est d’ailleurs annoncée sur des sites de vente en ligne comme ceux de la FNAC ou d’Amazon.

www.evene.fr en propose même une présentation (sans doute le prière d’insérer prévu) que je copie sans être responsable des liens incrustés dans le texte. La voici :

'Critique de la déraison pure' : une manière de paraphraser le titre du maître-livre d'Emmanuel Kant, pour l'appliquer à une partie de l'intelligentsia française contemporaine, les 'intellectuels médiatiques'. On les connaît. Ils se manifestent très fréquemment depuis près de trente ans dans le débat français, et désormais ils ont aussi quelques épigones. D'où le propos du livre présent : dresser une sorte de bilan philosophique, un peu plus de trente ans après l'apparition de la plupart de ces figures. Cette critique, en un seul et même ouvrage, mérite d'être faite de façon systématique. Telle est l'ambition de cette 'Critique de la déraison pure', livre à mi-chemin entre l'essai et le pamphlet. C'est donc, dans le double sillage d'un Julien Benda, en sa 'Trahison des clercs', et d'un Raymond Aron, en son 'Opium des intellectuels', que s'inscrit cet examen d'une certaine 'philosophie' française, de ses dérives idéologiques (ce que Sartre appelait 'l' engagement') tout autant que de leurs manipulations.

Or, d’après l’auteur, la sortie de son livre est aujourd’hui arrêtée, suspendue, empêchée… –  je ne sais pas comment dire !

S’en font l’écho :

www.rtbf.be/info (« Le livre sur BHL qui ne paraîtra pas »),

www.demandezleprogramme.be (« Le livre fantôme de Daniel Salvatore Schiffer »)

et même

http://passouline.blog.lemonde.fr (« Soudaine extension du domaine de la “censure” »).

Ce qui est certain, c’est que Daniel Salvatore Schiffer avait signé le contrat de publication de ce livre avec Claude Durand, alors P.-D. G. des éditions Fayard, remplacé depuis par Olivier Nora, également directeur des éditions Grasset et éditeur de Bernard-Henri Lévy.

Le « conflit d’intérêts » (contradiction qui ne faisait pas peur à Claude Durand !) à l’intérieur du groupe Hachette n’en apparaît aujourd’hui que plus patent – et explique sans aucun doute la décision d’annuler la sortie du livre !

Du point de vue capitalistique (Pierre Assouline l’a bien compris) la décision est imparable (on a vu certains pilonner un livre déjà imprimé !) et l’auteur n’a plus qu’à se chercher un autre éditeur…

De toute façon, dans de telles conditions, je me dis (malgré la déception et la déconvenue de son auteur) que la sortie d’un ouvrage non défendu par son propre éditeur aurait été catastrophique !

Que Bernard-Henri Lévy – actuellement en pleine tournée promotionnelle et aux prises avec sa bévue botuliste dont parle Aude Lancelin (« BHL en flagrant délire ») dans le dernier numéro du Nouvel Observateur et dont bruisse tout le landerneau médiatique – n’en ait que faire n’y change rien !

Espérons donc que Daniel Salvatore Schiffer puisse à l’avenir publier son essai dans de bonnes conditions, qu’un vrai débat s’en suive sur le fond – sachant qu’en ce domaine, surtout quand on s’attaque à des pensées « dominantes », rien n’est jamais gagné !

Michel Sender.

Mise au point. Over-Blog vient d’instaurer et maintient pour l’instant (et ce malgré un grand nombre de réactions défavorables exprimées dans des commentaires internes) une « Barre » qui s’affiche en haut de nos blogs et qui s’incruste dans toutes les consultations (soi-disant pour améliorer le « référencement »). J’ai ainsi constaté que des liens inscrits par moi au bas de mes articles ont été changés et j’ignore toutes les conséquences ressenties éventuellement par mes lecteurs. Un autre exemple qui prouve combien les blogueurs sont dépendants de leur « éditeur », du site qui les héberge. Déjà victime d’Orange qui a fait disparaître du jour au lendemain plusieurs mois de travail de mon précédent blog, je reste très inquiet et conscient de cette situation instable…

Publié dans Littérature

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KLINX 20/02/2010 18:58


le temps de la désillusion... pour les bloggeurs ICI ou là!


Lou 15/02/2010 20:14


Je connais Daniel Salvatore Schiffer pour avoir lu ses ouvrages sur Wilde. C'est un homme d'une belle honnêteté intellectuelle, son travail est profond, original, polémique, bref, il a toutes les
qualités qu'il ne faut pas posséder pour éviter de s'attirer les foudres d'une certaine intelligentsia parisienne...


Michel Sender 16/02/2010 05:41



Ce qui est consternant, c'est la façon dont Sandrine Palussière, l'actuelle directrice de Mille et une nuits, se croit obligée (par exemple, pour "Le Soir" de Bruxelles) de démonter un livre qui
en était au stade des épreuves (donc, qui avait déjà été lu et accepté) et de la publication imminente... C'est vraiment très triste et assez dégueulasse : rien que pour cela, Daniel Salvatore
Schiffer a raison de se défendre ! Bien amicalement, Michel Sender.



Francesca 13/02/2010 01:37


Pas du tout au courant des péripéties éditoriales de cet auteur, mais pas vraiment étonnée... Inquiète des menaces qui pèsent sur nos blogs... mais ravie des déconvenues de BHL qui vient une fois
de plus de nous démontrer que le ridicule ne tue pas !