"Le Plaisir de relire" de Claude R. Blouin

Publié le par Michel Sender




« Relire est une histoire de familles, d’amitiés, de découvertes. Ces essais se veulent un témoignage, une invitation à s’exposer à ce qui n’est pas familier et à revoir ce qu’on croit connaître. Ils s’adressent à quiconque est curieux de ce par quoi s’exprime l’humaine condition, et se demande ce qui peut bien justifier que le lecteur accorde tant de prix à des histoires inventées. »

Au gré de mes contacts Internet, j’ai découvert, à l’occasion d’un article sur une réédition de Cacao de Jorge Amado, les chroniques littéraires de Donald Alarie et Claude R. Blouin que publie le site canadien www.connexion-lanaudiere.ca

Claude R. Blouin, dont je comprends qu’il a été longtemps enseignant au Cégep (Collège d’enseignement général et professionnel) régional de Lanaudière (une région importante du Canada français), s’intéresse beaucoup aux littératures étrangères et plus particulièrement au cinéma et à la culture japonaise.

Ayant écrit des nouvelles et même un roman en ligne, La Confidente, Claude R. Blouin vient de publier et d’éditer lui-même Le Plaisir de relire [*], un recueil récapitulatif de ses intérêts et de ses démarches personnelles, librement disponible (voir le lien complet ci-dessous).

C’est l’occasion pour moi de mentionner ici une publication numérique (je n’y ai pas bien sûr personnellement la même facilité d’accès qu’aux livres imprimés sur papier auxquels ma préférence demeure !) qui nous permet de découvrir la pensée et les préoccupations d’un écrivain sensible et amical grâce à la blogosphère.

Claude R. Blouin nous donne ainsi en quelque sorte pour commencer un panorama et une anthologie subjective de la littérature française (pour résumer, du Moyen Âge à André Malraux) puis, progressivement, en transitant par Les Immémoriaux de Victor Segalen, son avancée et son parcours vers les lectures d’Extrême-Orient.

D’où la notion de « relecture » qu’avance ensuite Claude R. Blouin, car la lecture, comme la vie, n’est pas qu’un fleuve tranquille et offre parfois des « résistances », des difficultés qui se méritent…

Nombre des notations de Claude R. Blouin me semblent – et vous seront sans doute – à la fois proches et familières – dans cette commune passion de la lecture, ce vice impuni cher à Valery Larbaud et qui en ressouderait presque les continents !

Michel Sender.

[*] Le Plaisir de relire de Claude R. Blouin, éditions du Murmure, Joliette (Québec), Canada, novembre 2009 ; 127 pages.

En ligne sur http://www.connexion-lanaudiere.ca/culture.jsp?numPageTexte=483

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Francesca 20/11/2009 12:09


Ah oui ! Relire est un plaisir dont on peut interroger les raisons puisque lu, c'est lu. Mais j'ai un exemple toujours valable : "La peste" de Camus, lue à la grande adolescence, puis relue
quelques cinq ans plus tard, puis re-relue dix ans après et j'y ai découvert à chaque fois de nouveaux horizons du fait d'une certaine maturité. Tiens, je devrais bien relire encore une fois pour
voir...
La même chose pour Proust, Kafka, Gracq, Giono, James, que je relis environ tous les dix ans mais que je feuillette aussi très souvent debout devant les rayonnages, résistant peu au bonheur de
finalement lire des chapitres entiers, voire tout le bouquin.
Plaisir de ré-éprouver les émotions premières, d'entendre encore le bruissement de la vie autour de soi lors de la première lecture (Proust en parle si bien !) et de goûter plus savoureusement la
langue alors qu'on n'est plus pris par une histoire que l'on connaît en détail.
Merci du lien, je suis preneuse !