"Les Chats volants" d'Ursula Le Guin

Publié le par Michel Sender

Chats volants (Les)


À tous les chats que j’ai aimés autrefois,

U. K. Le Guin.

Hier matin, samedi, deux de nos chats, Nicky et Grignou, ne sont pas revenus de chez le vétérinaire.

Nous savions depuis quelques semaines que Grignou, siamois au nez pointu, aux yeux bleus et au strabisme prononcé, une crème de chat, était condamné : atteint d’insuffisance rénale et d’urémie, il maigrissait à vue d’œil et n’était plus qu’un squelette ambulant…

Nicky, un gros chat européen au tempérament plutôt querelleur, nous inquiétait par son attitude depuis quelque temps anormalement prostrée et une maigreur soudaine sur les flancs : à l’examen, il avait une énorme tumeur au foie et était lui aussi perdu…

Il y a des jours comme ça où l’on n’a plus que ses yeux pour pleurer !

Dans une telle situation, certains vont faire du shopping, acheter des chaussures ou des confiseries, etc. – personnellement, je me suis tourné vers un petit livre « pour enfants » acheté la veille à ma librairie habituelle dans un présentoir « Folio Cadet » : Les Chats volants [*] d’Ursula K. Le Guin.

Les Chats volants (Catwings), avec Le Retour des chats volants, Alexandre et les chats volants et Au revoir les chats volants, est le premier volume d’une mini série de quatre dus à Ursula Le Guin, poétesse et romancière américaine (très) connue surtout pour ses nombreux livres d’anticipation ou de science-fiction.

Le point de départ en est très simple, Mme Jane Tabby a eu quatre enfants (Thelma, Harriet, Roger et James) dont elle est bien « incapable d’expliquer » pourquoi ils ont des ailes mais qui lui vaut ce commentaire malicieux d’un voisin : « – Leur père devait être un filou de haut vol… »

Charmante image initiale, prélude également au fait que ses quatre chatons devront évidemment très vite « voler de leurs propres ailes » (je ne raconte pas la suite), et invention de base qui fait immédiatement rêver et fantasmer petits et grands amoureux des chats !

Les illustrations de S. D. Schindler, belle technique de dessin à la plume et d’aquarelle, s’harmonisent parfaitement avec le merveilleux (des chats dans les arbres ou en plein vol) de cette situation enchanteresse.

Un livre (je n’ai lu pour l’instant que le premier volume-titre de la série) en forme de consolation – et d’espérance poétique !

Michel Sender.

[*] Les Chats volants (Catwings, Scholastic Inc., New York, 1988) d’Ursula K. Le Guin, illustré par S. D. Schindler, traduit de l’anglais par Bee Formentelli, collection « Folio Cadet », éditions Gallimard Jeunesse, Paris, mars 2005, réimpression mai 2009 ; 64 pages, catégorie 3 [5,60 €]. www.gallimard-jeunesse.fr www.ursulakleguin.com

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Francesca 17/01/2010 19:25


je compatis, ô combien ! J'ai vécu avec une chatte merveilleuse, Macha et un chat du genre bel indifférent, Minus. Tous deux ont fini par se faire écraser en traversant une rue...
Tous les chats me font craquer mais j'hésite encore à partager de nouveau ma vie avec l'un d'eux, de peur de très mal supporter leur inévitable disparition.
Néanmoins, il ne va pas falloir que j'attende trop sinon c'est moi qui mourrai avant mon dernier chat et je ne veux pas lui faire de peine !


tipanda 17/01/2010 11:34


Triste et malheureusement inévitable, les chats vivent beaucoup moins longtemps que nous ; il nous faut prévoir d'en perdre beaucoup.Ta réaction très juste est rendue possible par la relation
privilégiée qui existe entre les écrivains et les chats (les exemples sont légion).
Nos greffiers (rien que le mot est symptomatique)continuent ainsi à nous accompagner, parfois bien au delà de la mort de leur maître. Gardons le sourire en nous rappelant la Madame Théophile qui
prenait le perroquet en pension chez Théophile Gautier pour un poulet vert.
Amitiés attristées.