Les fiançailles de Monsieur Hirsch

Publié le par Michel Sender

Martin Hirsch Pour en finir...

 

« “Il est normal que les ministres veillent sur leur fortune

en même temps que sur celle de l’État.”

Cardinal de Richelieu, ancien ministre

Ce livre a un unique objet : Convaincre qu’il est temps de mettre en place une politique résolue de prévention des conflits d’intérêts dans notre pays. Pour cela, plaider qu’il y aurait un risque pour la démocratie à ne pas agir. Démontrer que les quelques secousses qui ont émaillé la période récente ne sont probablement que les symptômes d’une confusion plus profonde. »

Le dernier livre de M. Martin Hirsch, Pour en finir avec les conflits d’intérêts [*], est très honorable et très respectable – et pourtant il fait flop !

Parce que tout le monde, ou presque, s’en fout.

Et puis, parce que celui qui le dit (ancien ministre d’un gouvernement corrompu) reste bien mal placé pour donner des leçons.

Bien poli, bien policé, M. Martin Hirsch écrit comme le haut fonctionnaire qu’il demeure, sans aucun humour (ça manque de hargne pour une collection de pamphlets) et de façon extrêmement modérée…

Pourtant, il s’est fait étripé par ses anciens petits « copains » (notamment l’immonde Copé qui sera toujours un enfoiré de première pressé de prendre la place du « patron ») et presque personne n’est venu à son secours.

En effet, comme pour M. Bernard Kouchner (qui s’accroche lui encore à son « poste »), tout le monde se moque d’un transfuge de la gauche qui est allé manger dans l’auge sarkozyste et qui, en plus, vient donner des leçons !

Les alibis humanitaires des gouvernements de droite sont bien connus (on a eu à une époque un gentil Emmanuelli), mais ils n’ont jamais empêché l’aggravation de la condition des classes populaires.

M. Martin Hirsch se retrouve ainsi le « harki » d’une politique injuste, raciste et droitière qu’il a servie et qui le rejette après usage, tout en lui ayant laissé un « nonosse » pour ses vieux jours, un petit parachute pour sa retraite.

Alors ce ne sont pas les manifestants d’aujourd’hui qui vont le pleurer tandis que ses anciens maîtres lui rappellent fort discourtoisement qu’il a de quoi manger !

En plus, Martin Hirsch avoue naïvement qu’il a « des liens amicaux  avec Éric Woerth » et ne peut donc pas parler de l’affaire Bettencourt, un des principaux scandales du quinquennat !

En fait, M. Martin Hirsch est un bien pauvre médecin.

Il fait des conférences documentées et sérieuses sur les excès du tabac, de l’alcool et de la coke – et pendant ce temps-là ceux à qui il voudrait s’adresser se bourrent le pif tant et plus !

Michel Sender.

[*] Pour en finir avec les conflits d’intérêts de Martin Hirsch, collection « Parti pris », éditions Stock, Paris ; 162 pages, 12 €.

 

Publié dans Littérature

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tipanda 12/10/2010 10:20


Ce qu'écrit Martin Hirsch n'est pas sans intérêt. Le problème, c'est l'auteur. Son expérience le discrédite ... pour l'instant. A mon avis, il aurait mieux fait d'attendre quelque temps, se faire
oublier, avant de reprendre les mêmes propos sur un mode "mémoires" qui aurait séduit, après coup, beaucoup plus de lecteurs.