Les "mauvaises lectures"

Publié le par Michel Sender

Mauvaises lectures

Books hors série













Le dernier numéro de Lire n’a pas grand intérêt (et surtout pas la liste des « 20 meilleurs livres de l’année », palmarès absurde au possible : je déteste ça !), sauf les bonnes-feuilles du dernier livre de Jacques Chessex, Le Dernier Crâne de M. de Sade, à paraître en janvier chez Grasset, et un supplément gratuit sous forme d’un CD audio comprenant Les Mauvaises Lectures [*], une nouvelle d’Éric-Emmanuel Schmitt extraite de son recueil La Rêveuse d’Ostende paru chez Albin Michel en 2007.


Enregistrée pour Audiolib et lue par Pierre Arditi (un comédien décidément actif sur tous les fronts : cinéma, théâtre, publicité, lectures…), Les Mauvaises Lectures (1 h 12 environ, nous dit-on) est un succulent récit sur les charmes (secrets) et les dangers (réels) de la lecture des romans de grande consommation – les bestsellers, par exemple…


Tout ça pour vous parler d’un numéro hors série de Books [**], titré en grosses lettres blanches sur fond rouge : « Tour du monde des bestsellers », que j’ai feuilleté et dont j’ai lu quelques articles avec la moue et le frisson du vieux professeur d’Éric-Emmanuel Schmitt !


Ah, ces listes de « meilleures ventes » des hebdomadaires et des gazettes : à fuir comme la peste ou la grippe A, sauf à vouloir sociologiquement (belle excuse) comprendre le phénomène !


Pour la France, Books a choisi un sympathique article de Lorna Scott Fox, dans la London Review of Books, consacré à « Fred Vargas l’exorciste » mais, en revanche, Carlos Ruiz Zafón et son Jeu de l’ange se font assassiner (« Le crime littéraire de Carlos Zafón ») par Martín Schifino de la Revista de Libros madrilène…


Plus subtil, Erick Konigsberg, lui-même écrivain et journaliste au New York Times, dans un article pour The Atlantic, est plutôt fasciné par « La machine Harlan Coben », un roman par an et « très impliqué par la marque Coben », au point de surveiller au plus près les têtes de gondole et les présentoirs dans les librairies, de protester contre une mauvaise indexation (ses livres classés à « Harlan » au lieu de « Coben ») pouvant fausser ses chiffres de vente – mais, à part ça, sympathique, ouvert, cordial, « un très chic type »


Last but not least
, ce hors-série de Books aborde également d’autres continents et d’autres pays (le Japon et Haruki Murakami, l’Égypte de Taxi et Khaled Al Khamissi), d’autres écrivains (« Elif Shafak et l’amour divin », « Amos Oz face aux démons d’Israël », « La chanson du Brésil de Chico Buarque », Nam Le « né au Vietnam, élevé en Australie et devenu écrivain aux États-Unis », « chéri de la critique » dont on annonce en France Le Bateau chez Albin Michel) et d’autres thèmes porteurs (l’hypercapitalisme, le retour de Confucius, la « légende » du réchauffement climatique, l’athéisme militant et les livres évangélistes, etc.).


« Des
bestsellers plein la tête » – ça vous dit ?


Michel Sender.


[*] Les Mauvaises Lectures d’Éric-Emmanuel Schmitt (une nouvelle extraite de La Rêveuse d’Ostende), un livre audio lu par Pierre Arditi, Audiolib, 2009 ; supplément à Lire de décembre 2009-janvier 2010, 108 pages, 5,90 €.


[**] Hors-Série « Tour du monde des bestsellers » de Books, n° 1, décembre 2009-janvier 2010 ; 100 pages, 7,50 €.

Publié dans Littérature

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Francesca 10/12/2009 15:28


Même horreur des listes des meilleures ventes quand il s'agit de livres !
J'irai regarder qui défend le Zafon et comment car, je m'étais laissée tenter etje me suis ennuyée comme un rat mort...