Lettres à nos libraires

Publié le par Michel Sender

 

 

Je pourrais vous parler de la librairie Sainte-Cécile, grande-rue de Vaise, à Lyon, où dans mon enfance j’ai acheté Le Grand Meaulnes dans la Bibliothèque Super Rouge et Or, ou de Flamme, quelques mètres plus loin, qui vendait les « Bibliothèque Verte » cartonnés…

Du tourniquet de livres de poche du Grand Bazar de Vaise, fournisseur de Rimbaud, Baudelaire, Apollinaire, Laforgue… (Une formidable invention, le livre de poche !)

De Rencontre, club suisse inoubliable, qui avait une boutique dans la Presqu’île, entre Saône et Rhône (œuvres de Balzac, Stendhal, Tchékhov, Tolstoï, Ramuz… collections de multiples classiques mais aussi de poètes et romanciers contemporains, composant une bibliothèque universelle).

De Flammarion, immense, place Bellecour (Madame Bovary ou les Histoires extraordinaires en classiques Garnier reliés). De La Proue (Roger Vailland y venait après les putes, voir ses Écrits intimes) ou Des Nouveautés (« cantine » de Charles Juliet), deux librairies aujourd’hui disparues mais qui restent fortement dans la mémoire des Lyonnais…

De Lardanchet, historique ; de la Librairie Nouvelle (librairie du Parti communiste, sur les quais de Saône, fermée depuis longtemps) ; du Soleil Noir, dans le Troisième arrondissement, près de la Bourse du Travail, que la CFDT, après moultes tergiversations et cruels dilemmes, n’a pas pu conserver !

J’en oublie (notamment, tous les libraires d’occasions) – et puis, on ne peut pas vivre dans la nostalgie, et il reste encore, fort heureusement (alors que les disquaires, en dehors des FNAC ou Virgin, ont totalement coulé !), de bonnes librairies à Lyon, en France et en Navarre…

Ces réflexions me viennent – et, vous aussi, vous aurez envie d’évoquer vos librairies personnelles – après la lecture d’un petit volume collectif intitulé Lettres à mon libraire [*], publié aux éditions du Rouergue avec le parrainage de France Info et le soutien du Syndicat de la librairie française (SLF) – je vous donne toutes les coordonnées plus bas.

Je ne peux pas non plus citer tous les écrivains qui envoient une lettre, ça va de qui se félicite de la sortie de son nouveau livre aux mentions émues de multiples librairies organisant des soirées ou des signatures, des souvenirs personnels aux considérations sur la loi Lang et le prix unique du livre, etc., aux jeux de mots sur les titres, aux déclarations d’amour enflammé à ces objets bizarres serrés sur des étagères ou disposés sur des tables ou des présentoirs, ou mis en vitrine… qu’on appelle des livres, et ceux qui en font le commerce, des libraires !

C’est une lecture facile et revigorante – et qui remplit son Office, nous faire frémir à l’idée, impensable, terrifiante, de la mort des librairies, menacées par Internet et le Marché, même si, pour l’instant, mutatis mutandis, elles ne se portent pas si mal !

Michel Sender.

[*] Lettres à mon libraire, collectif, préface de François Busnel, éditions du Rouerge, Rodez, septembre 2009 ; 128 pages, 6 €. www.lerouergue.com www.france-info.com www.lechoixdeslibraires.com www.syndicat-librairie.fr

 

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yvrenu 25/10/2009 09:46


Bonjour Michel et bon dimanche, petit exercice sur mon blog, si le coeur t'en dit...Bonne journée cher ami.Yvette