Un "Nouvel Obs" peut en cacher un autre...

Publié le par Michel Sender

Télé Ciné ObsNouvel Obs

 

Dans la série « Vous avez de la chance, j’y suis abonné », j’ai reçu hier le dernier numéro du Nouvel Observateur [*].

La semaine dernière, l’hebdomadaire titrait sur À quoi sert la psychanalyse (toujours en prévision du « réquisitoire » annoncé – voir ce blog le 28 février 2010 – de Michel Onfray) et cette semaine-ci est encore plus noire : c’est celle du Spécial Immobilier !

Personnellement, j’ai reçu une version Spécial Immobilier Lyon (Saint-Étienne, Bourg-en-Bresse…) mais cela ne change pas grand-chose. Il paraît que c’est vendeur mais, en ce qui me concerne, ça fait trente-deux (+ XVI) pages inutiles et à jeter. (Cela peut peut-être intéresser les gens de La Faute-sur-Mer ou de L’Aiguillon dont on va raser les maisons, mais j’en doute !)

Bref, c’est comme ça. Avec les palmarès des facultés, des lycées et des hôpitaux, cela semble un passage obligé des hebdos, nous dit-on…

Surtitre plus original dans le même numéro, Violences à l’école : le dossier – cinq pages à jeter ! « Violence scolaire “On n’est jamais tranquilles”, « Sept pistes pour en sortir » : blablabla, penses-tu. Comme ci, dans une société d’insécurité sociale, les collèges et les lycées seraient à part ?

Mais enfin, pour une fois, l’éditorial de Jean Daniel ne nous parle pas du Proche-Orient ou de la « deuxième gauche » (Jacques Julliard et Denis Olivennes veillent) mais de son cher Camus et d’une nouvelle mise en scène de sa pièce Les Justes : merci.

Rassurez-vous, on peut encore sauver quelques pages dans Le Nouvel Observateur : une interview de Sandro Veronesi sur « La fracture italienne », les bonnes-feuilles d’un nouveau livre de Roberto Saviano qui paraît chez Robert Laffont, etc. (À vous de juger.)

Mais, attendez ! La surprise heureuse ne vient pas du Nouvel Obs !!! Non, non. Elle vient de Télé Ciné Obs !

Certes, il y a longtemps que le Télé Obs ne parle plus de radio (il paraît que c’est réservé à une version « Cable »), mais ils ne nous entretiennent pas non plus de Carla, Nicolas et Rachida, ils n’en n’ont rien à foutre, eux, de « la guerre du buzz » à l’Élysée ou des « petits meurtres entre amis » dans la filière nucléaire française.  Non.

Cette semaine, Télé Ciné Obs titre, très sobrement, sur Demandeurs d’asile, la réalité en face. C’est à l’occasion de la sortie en France (dans combien de salles ?) d’un film documentaire de Claudine Bories et Patrice Chagnard, Les Arrivants, et Marie-Élisabeth Rouchy, Lucie Calet et Sylvie Véran réalisent six pages épatantes sur « la grande pagaille » pour les demandeurs d’asile en France et sur le travail de la Cafda (Coordination de l’accueil des familles demandeuses d’asile)…

Et l’éditorial de Richard Cannavo, entre autres excellents articles, évoque, lui, Simone Lagrange, « une survivante d’Auschwitz et l’un des témoins majeurs du procès Barbie » : « Quelque part, l’ombre de cette femme admirable est en nous pour toujours », conclut-il, à propos d’un documentaire qui sera diffusé jeudi à 23 h 05 sur France 2.

Alors, si, comme moi, vous en avez parfois (souvent ?) marre du Nouvel Observateur, achetez tout de même (c’est une boutade, car il s’agit d’un supplément dit « gratuit » qui « Ne peut être vendu séparément ») – et lisez le Télé Ciné Obs !

Michel Sender.

[*] Le Nouvel Observateur, numéro 2370 du 8 au 14 avril 2010, 3,50 €. www.nouvelobs.com

 

Publié dans Littérature

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tipanda 09/04/2010 09:21


Le plaisir de te retrouver tel quel, sans doute un signe de rétablissement, tant mieux !
Tu es encore très patient de lire des "news magazines" ; leurs rédactions ne semblent pas se rendre compte de l'absence d'intérêt du public pour leurs prétendues enquêtes spécialisées.Les fameux
numéros spéciaux sont pré-vendus à des annonceurs. En dehors de ces intérêts directement concernés,ils garnissent avec la presse "people" les salles d'attente des médecins, coiffeurs et autres
métiers à rendez-vous.La grande leçon à en tirer est une bonne nouvelle pour le livre : quand vous vous rendez chez l'un de ces professionnels, n'oubliez pas de vous équiper d'un bon livre,
l'indigence de ce qui vous attend vous ferait regretter votre imprévoyance.