Un poème de Goethe

Publié le par Michel Sender



BIENHEUREUSE ESPÉRANCE

 

Ne le dites à personne, sauf aux sages,

Car la foule toujours se moque,

Je veux célébrer le vivant

Qui espère en la mortelle flamme.

 

Dans la froidure des nuits d’amour

Qui te firent naître, où tu fis naître,

Un curieux sentiment t’envahit

Quand brille la calme bougie.

 

Tu ne restes plus enfermé

Dans l’ombre des ténèbres,

Et t’entraîne une nouvelle exigence

D’une plus haute communion.

 

Aucune distance ne t’arrête,

Tu voles sous le charme,

Et finalement, désireux de lumière,

Papillon tu t’y brûles.

 

Et aussi longtemps que tu ne l’as pas obtenu,

Ce : « Meurs et deviens ! »

Tu n’es qu’un bien pâle invité

Sur la sombre terre.

 

GŒTHE

 

[Lisant Sur l’amour et la mort de Patrick Süskind, et ne pouvant citer intégralement la traduction du poème (extrait du Divan) de Goethe, Selige Sehnsucht (« Nostalgie divine ») qui en est donnée dans le volume français, ni d’autres (« Nostalgie bienheureuse », « Bienheureux désir »…) dans le commerce ou sur internet, j’ai finalement opté pour ma propre version. M. S.]


Publié dans Littérature

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tipanda 24/11/2009 10:20


Goethe, la gloire de la littérature allemande. Il aurait pu s'étourdir dans la célébrité mais il vécut et mourut dans un "exil intérieur".
L'Allemagne de son temps connaissait déjà des plaies à l'âme ; elles la conduiront au bout de leur parcours à "scènes de chasse en Bavière" et au nazisme.
Et Goethe avait compris.