Jeudi 7 juillet 2011 4 07 /07 /Juil /2011 06:49

La Lettre écarlate Confluences 1946

 

« Les gens du vulgaire qui, en ces tristes jours d’autrefois, apportaient toujours une horreur grotesque à ce qui touchait leur imagination, avaient fait, à propos de la lettre écarlate, un récit dont nous pourrions promptement faire une légende terrifiante. On assurait que ce symbole n’était pas du simple drap écarlate teint d’une teinture terrestre, mais qu’il était rougi au feu de l’enfer et qu’on pouvait le voir briller tout étincelant chaque fois qu’Hester Prynne sortait la nuit. Et nous devons dire qu’il brûlait le sein d’Hester si profondément que peut-être y avait-il davantage de vérité dans cette rumeur que ne peut admettre notre moderne incrédulité. » (Fin du chapitre V, « Hester fait des travaux d’aiguille ».) [*]

Ayant trouvé récemment une édition française peu connue de La Lettre écarlate [**] de Nathaniel Hawthorne, je suis frappé de la poésie mystérieuse de ce livre, dont je connaissais l’intrigue mais que je n’avais jamais lu avec cette acuité.

Tout, y compris la longue introduction sur « La Douane », y est absolument sublime, malgré les méandres d’une écriture à la fois descriptive et transcendantale, et malgré une histoire aux outrances d’un autre âge…

Michel Sender.

[*] Texte anglais : “The vulgar, who, in those dreary old times, were always contributing a grotesque horror to what interested their imaginations, had a story about the scarlet letter which we might readily work up into a terrific legend. They averred that the symbol was not mere scarlet cloth, tinged in an earthly dye-pot, but was red-hot with infernal fire, and could be seen glowing all alight, whenever Hester Prynne walked abroad in the night-time. And we must needs say, it seared Hester's bosom so deeply, that perhaps there was more truth in the rumour than our modern incredulity may be inclined to admit.” (Chapter V, “Hester at her needle”.)

 

[**] La Lettre écarlate (The Scarlet Letter – A Romance, Ticknor, Reed and Fields, Boston, 1850) de Nathaniel Hawthorne, préface et traduction de Léon Perrin, éditions Confluences, Lyon, 2ème trimestre 1946.

 

Par Michel Sender - Publié dans : Littérature - Communauté : les fous de lecture
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